Conséquences sanitaires du réchauffement climatique - Des internautes s'occupent du travail de Santé Canada

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Fabien Deglise
Édition du mercredi 20 août 2008

Mots clés : réchauffement climatique, Santé Canada, internautes, Canada (Pays)

«Le gouvernement ne veut pas diffuser ce rapport d'intérêt public? Eh bien, nous allons le faire à sa place.»

Le rapport de Santé Canada sur les conséquences sanitaires du réchauffement climatique au pays évoque les effets possibles sur la santé de la population: prévalence accrue des troubles respiratoires, exacerbation des allergies, apparition de nouvelles maladies...

Photo: Pedro Ruiz

Le citoyen riposte. Atterré par la grande timidité avec laquelle Santé Canada a diffusé, au milieu de l'été, un important rapport sur les conséquences sanitaires du réchauffement climatique au pays, une poignée d'internautes ont décidé dans les derniers jours de se substituer au ministère fédéral. Comment? En prenant en main la diffusion massive de ce document que Santé Canada refuse toujours de mettre en libre accès dans son site Internet, et ce, malgré les nombreuses protestations, dont plusieurs viennent des auteurs mêmes de cette étude.

«Le gouvernement ne veut pas diffuser ce rapport d'intérêt public? Eh bien, nous allons le faire à sa place», a indiqué au Devoir Miguel Tremblay, un physicien à l'emploi d'Environnement Canada qui anime depuis quelques mois, à titre personnel, le blogue «Hors des lieux des communs» (ptaff.ca/blogue) versé dans les informations diverses, «surtout lorsqu'elles sortent des sentiers battus», dit-il. «J'ai vérifié, cela respecte totalement la politique du gouvernement fédéral en matière de diffusion de documents publics et, en plus, cela n'a pas été trop compliqué à faire.»

Depuis le 8 août dernier, soit plus d'une semaine après la sortie en douce de cette évaluation des risques sanitaires liés aux changements climatiques, son coin du cyberespace propose donc aux visiteurs de télécharger l'intégralité du rapport de plus de 500 pages. Il est possible aussi d'en prendre connaissance chapitre par chapitre. Jusqu'à maintenant, la seule façon de mettre la main dessus était d'en faire la demande officielle à Santé Canada par courriel ou par la poste. Le ministère argue que le caractère volumineux du document l'empêche de le rendre accessible directement dans son site Internet.

«Ce n'est pas sérieux comme excuse», dit M. Tremblay, qui n'est pas le seul blogueur à diffuser cette évaluation sanitaire. Dans les derniers jours, celle-ci transitait également dans un petit nombre de forums de discussion à saveur écologique. «Ça m'a pris une bonne demi-heure de travail pour mettre l'intégralité de ce rapport en ligne. C'était aussi difficile que de mettre en ligne une image, ironise le scientifique. Si je suis capable de faire ça, sur mon petit serveur informatique, imaginez ce que peut faire Santé Canada avec ses ressources...»

La mise en ligne de ce rapport, si elle vient faciliter l'accès à ce document, fait également en sorte que cette analyse fédérale va désormais être indexée par les moteurs de recherche, de type Google ou Yahoo. Ce qui n'était pas le cas jusqu'à maintenant en raison de la politique de diffusion restreinte imposée par Ottawa.

Selon les informations obtenues auprès du ministère, près de 900 citoyens ont fait une demande en bonne et due forme à Santé Canada pour obtenir une copie de ce rapport, lancé sans tambour ni trompette le 31 juillet dernier. Cela signifie que ce document, intitulé Santé et changements climatiques: évaluation des vulnérabilités et de la capacité d'adaptation au Canada est entré à ce jour dans à peine 0,007 % des ménages canadiens.

Malgré les nombreuses pressions, au cabinet du ministre de la Santé, on a indiqué en début de semaine ne pas avoir l'intention de changer de stratégie quant à la diffusion du rapport. «Étant donné [sa] taille, la version téléchargeable ne sera pas disponible dans le site Web», a réitéré Paul Spendlove, porte-parole de Tony Clement. Par ailleurs, Santé Canada a indiqué que des rencontres pourraient être organisées au pays avec des «autorités de santé publique» qui en ont fait la demande dans les derniers jours, et ce, «en fonction des disponibilités des fonctionnaires de Santé Canada».

Au début d'août, dans les pages du Devoir, plusieurs auteurs de ce rapport ont dénoncé vertement le traitement politique que le gouvernement Harper a réservé à cette analyse, financée par des fonds publics, ont-ils souligné, et dont la version finale était pourtant prête pour diffusion au début de cette année. Le gouvernement a décidé toutefois d'attendre le mitan de l'été pour mentionner son existence, par l'entremise d'un communiqué de presse laconique. Sans plus. Par ailleurs, à la dernière minute, une vaste campagne de promotion de ce document d'un océan à l'autre a été annulée, sans explication, ont confirmé plusieurs chercheurs.

Dans les grandes lignes, cette analyse, à laquelle une vingtaine de scientifiques canadiens ont pris part, passe au crible les changements climatiques qui vont affecter le Canada dans les prochaines années. Elle évoque également les effets possibles de ces modifications climatiques sur la santé de la population: prévalence accrue des troubles respiratoires, exacerbation des allergies, apparition de nouvelles maladies... Entre autres.


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Petite politique - par Michel Thibault
Le samedi 23 août 2008 21:00

Auncuns commentaires? - par Dominic Pageau
Le mercredi 20 août 2008 12:00

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