Une invitation à méditer sur la paix
Mots clés : photo, exposition
Des oeuvres du photographe Roberto Dutesco créent une galerie à ciel ouvert avenue McGill College à Montréal

Cette sélection hétéroclite d'images surprend d'abord. Comment des catégories aussi différentes peuvent-elles exprimer la même idée ? En fait, l'artiste veut nous faire partager une réflexion à la fois universelle et intimiste sur la paix.
En rassemblant des images « faisant appel à l'imaginaire et à la pensée », il veut que le spectateur s'arrête, contemple et réfléchisse. Ce sont avant tout des oeuvres qui poussent à la méditation.
Les photographies, en couleur et en noir et blanc, sont rangées par thèmes mais pas dans un ordre précis. Parfois, elles se font écho, comme dans la série des « temples » : derrière le panneau où se trouve une photographie de la pyramide de Kheops, on en voit une de la pyramide du Louvre. Aussi, on remarque souvent deux photographies différentes sur une même image, ce qui crée un effet surprenant : par exemple, cette photo d'un tipi amérindien à côté d'un temple indonésien...
Pour l'artiste, le temple représente l'histoire, l'identité, mais il peut aussi symboliser les conflits religieux.
Si les temples font penser à la présence humaine, les photographies des dunes de sable expriment la sérénité. Derrière ces photographies prises dans différents déserts des États-Unis (Californie, Colorado), il y a des photos des chevaux de l'île de Sable en Nouvelle-Écosse (ce sont les descendants des chevaux rescapés d'un naufrage et qui ont survécu dans cette île inhospitalière depuis plusieurs générations.) Selon l'artiste, cette « communauté » de chevaux sauvages est un symbole de liberté et de cohabitation.
On retrouve la même puissance évocatrice aussi bien dans les petits détails que dans les paysages majestueux. Ainsi, dans la série « Les cinq éléments », une photographie du désert de Mojave est placée à côté d'une photo de feuilles prise sur le mont Royal...
Le détail est également important dans les photographies de fleurs. Ce sont des images très colorées, parfois presque abstraites.
Mais ce sont surtout les photos du dalaï-lama et de son entourage qui occupent une grande place dans l'exposition. Ce sont les seuls personnages de toute la série.
Le dalaï-lama est un important symbole pour l'artiste puisqu'il représente « la paix incarnée ». Sur ces photographies sont inscrits des messages, des citations ou des proverbes inspirants provenant de sources aussi variées que Martin Luther King, Gandhi, Kennedy ou Jimi Hendrix...
Ces oeuvres cherchent donc à faire passer un message d'harmonie, de bonheur, puisque, selon le photographe, la paix dans le monde ne pourra arriver que lorsqu'on aura atteint la paix intérieure.
L'exposition est réalisée par Reporters Communication, un organisme à but non lucratif qui cherche à créer en nous « un moment de félicité » tout en nous rendant plus sensibles aux événements qui nous entourent. « Nous avons voulu, à notre façon, contribuer à une meilleure compréhension de la paix et des efforts de reconstruction accomplis dans le monde », précise le communiqué affiché sur des panneaux de l'exposition.
L'organisme ne recueille pas de fonds de commanditaires ou de subventions. Il s'appuie sur le public comme un « partenaire principal » et les spectateurs sont invités à se procurer l'une des photographies exposées pour aider au financement du groupe et l'encourager à poursuivre ce genre de projets.
À Ici le présent succédera, à partir du 9 août, une autre exposition, intitulée Les Faiseurs de paix, qui, elle, rassemblera des photographies prises dans quatre points chauds, quatre zones de conflits en reconstruction : l'Afghanistan, le Golan, Haïti et la Bosnie.
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Ici le présent
Photographies de Roberto Dutesco
Du 17 juin au 7 août, avenue McGill College, Montréal
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